Et maintenant? Boule-versée

Et maintenant? Boule-versée

Comme vous, je l’ai attendu ce fameux « 11 mai ». Ce jour où la vie « reprend ». Mais quand c’était-elle arrêtée, au juste ?

Organiquement, la vie a poursuivit son cours. Je n’ai pas cessé de respirer. Mentalement, il en a été de même. Je n’ai pas cessé de penser. Alors que s’est-il passé, pendant ces deux mois ?

Ma vie a été bouleversée.

J’ai dû changer certaines de mes habitudes, repenser mes projets, trouver un nouveau rythme. Je me suis retrouvée confrontée à des inquiétudes et des angoisses quant à ma capacité à traverser cette période. Une boule s’est formée en moi. Au début, je l’ai laissée grandir, m’envahir. J’ai pensé à « faire l’autruche », comme si l’ignorer pouvais la faire disparaître. J’ai finalement décidé d’en prendre soin.

Nous nous sommes tous inquiétés pour notre santé physique, ainsi que pour celle de nos proches. Mais qu’en est-il de notre santé mentale ? Comment chacun a-t-il vécu cette période de confinement ? Quelle place prend-t-elle dans vos vies ? De quelle manière envisagez-vous les jours, les mois à venir ? Quelles émotions ce quotidien éveille-t-il en vous ?

Pour ma part j’ai accepté que cette période soit traumatisante.

J’ai d’ailleurs remarqué que ce mot… il fait peur. Comme si il était trop fort pour être employé. Pourtant, c’est bien un trou que ce virus a fait dans nos vies.

Il est venu créer ou renforcer l’insécurité : sanitaire, matérielle, financière… De plus, notre sentiment d’identité a été éprouvé par la modification de nos interactions sociales ainsi que les nouvelles modalités d’exercice -ou non-exercice- de nos professions. Nos rapports avec les autres ont été perturbés, et notre capacité à réguler les émotions mise à rude épreuve. Pour toutes ces raisons, le confinement a pu être vécu difficilement.

Pour certains au contraire, être chez soi, seul ou avec de la compagnie, pouvait être ressourçant. C’est alors le retour vers cette « vie d’avant » qui éveille la boule au ventre. Parce qu’il va falloir y retourner, parce qu’il va falloir recoller les morceaux, parce que ce temps avec soi pourrait bien nous manquer.

Ou rien de tout cela. Peut-être. Pour le moment.

Parce qu’il ne faut pas oublier qu’un traumatisme peut avoir des répercussion longtemps après « le » moment. Peut-être que pour l’instant « ça va », vous « gérez ». Mais si vous ressentez de la peur, de la honte, de l’incertitude… Ce n’est pas inavouable. Maintenant ou plus tard. Nous avons tous une temporalité différente. Ceux qui angoissent aujourd’hui iront, je l’espère, mieux demain. Ceux qui vont bien aujourd’hui, peuvent, même si je ne leur souhaite pas, décompenser demain.

Quoi qu’il en soit

…penser demain ne peut se faire qu’avec aujourd’hui. Alors soyez à l’écoute de vous-même. N’ignorez pas ces émotions. Certes elles sont socialement mal vues, mais elles concernent pourtant aujourd’hui l’ensemble de la société.

Ma boule au ventre j’en prends soin. Je l’accueille, et je la déverse. Je la livre au flux de la vie, je l’intègre au mouvement qui jamais ne m’a quittée. Ma boule-versée, je vous invite à en faire de même.

Et si vous ressentez le besoin d’être accompagné, ma porte vous est ouverte.

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